Article publié le jeudi 24 septembre 2026 dans la catégorie immo.
La reprise des expulsions après la trêve hivernale expose les locataires concernés par une décision de justice à une exécution rapide de la procédure. Elle ne signifie pas qu’un propriétaire peut mettre lui-même un occupant dehors : l’expulsion reste strictement encadrée. En revanche, un retard de paiement non régularisé, l’absence de réponse aux actes reçus ou l’absence de solution de relogement peuvent avoir des conséquences concrètes. Comprendre les étapes permet d’agir avant l’intervention du commissaire de justice.
La fin de la trêve hivernale et la reprise des expulsions locatives
Les dates à connaître et les situations exclues de la trêve
La trêve hivernale suspend en principe l’exécution des expulsions locatives du 1er novembre au 31 mars inclus. Dès le 1er avril, une expulsion déjà autorisée par le juge peut donc reprendre. Les
dates et exceptions de la trêve hivernale doivent être vérifiées, car elles déterminent le moment où la force publique peut être sollicitée.
Cette protection n’est pas universelle. Certaines situations, notamment l’occupation illicite de locaux ou une expulsion ordonnée en raison de violences conjugales, peuvent relever d’exceptions. Les
cas dans lesquels la protection hivernale ne s’applique pas exigent une lecture attentive de la décision judiciaire.
Ce que la reprise signifie concrètement pour un locataire en impayé
La fin de la trêve ne crée pas une nouvelle dette et ne remplace pas un jugement. Elle permet surtout l’exécution d’une procédure déjà engagée. Un locataire protégé pendant l’hiver peut ainsi recevoir un nouveau passage du commissaire de justice dès avril si le commandement de quitter les lieux est resté sans effet.
Seul un commissaire de justice peut conduire une expulsion, avec l’éventuel concours de la force publique. Le bailleur ne peut ni changer les serrures, ni couper les équipements, ni retirer les biens du locataire. Ces pratiques sont illégales, même en présence d’impayés. La protection dépend aussi du statut de l’occupant : les
occupants protégés contre l’expulsion hivernale ne recouvrent pas nécessairement toutes les situations d’occupation.
Les conditions légales avant une expulsion effective
Commandement de payer, clause résolutoire et assignation devant le juge
En cas d’impayés, le bailleur peut faire délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail. Le locataire dispose généralement d’un délai pour régler ou solliciter des aides. Si la situation n’est pas régularisée, le propriétaire peut saisir le juge afin d’obtenir la résiliation du bail et l’expulsion.
La procédure judiciaire peut continuer pendant l’hiver :
les démarches du bailleur pendant la trêve ne sont pas suspendues dans leur ensemble.
Ignorer une assignation prive souvent le locataire de la possibilité d’expliquer ses difficultés et de demander des délais.
Décision judiciaire, délais de paiement et commandement de quitter les lieux
Le juge peut accorder un échéancier, suspendre les effets de la clause résolutoire ou prononcer la résiliation. Lorsque l’expulsion est autorisée, un commandement de quitter les lieux est signifié. Il laisse en principe deux mois pour partir, sauf réduction ou suppression de ce délai par le juge dans certaines circonstances.
| Étape | Effet pour le locataire |
| Commandement de payer | Possibilité de régulariser, négocier ou demander une aide. |
| Audience judiciaire | Possibilité de solliciter des délais et de présenter sa situation. |
| Commandement de quitter | Délai pour organiser le départ ou saisir le juge compétent. |
| Expulsion exécutée | Perte de l’accès au logement et frais supplémentaires possibles. |
Intervention du commissaire de justice et recours à la force publique
À l’expiration du délai, le commissaire de justice tente d’exécuter la décision. En cas de refus ou d’absence, il peut demander le concours de la force publique à la préfecture.
L’expulsion ne peut pas être réalisée par le propriétaire seul. Le locataire doit toutefois anticiper : une demande de délai déposée tardivement n’empêche pas automatiquement l’intervention.
Les conséquences immédiates d’une expulsion pour le locataire
Perte du logement, devenir des biens personnels et frais à supporter
Le risque principal est la perte immédiate de l’usage du logement. Les biens présents sont inventoriés selon les circonstances de l’opération ; ils peuvent être laissés sur place ou déposés dans un lieu désigné. Le locataire doit suivre les instructions reçues pour les récupérer dans les délais indiqués.
Les frais liés aux actes, au déplacement et, le cas échéant, au stockage peuvent s’ajouter à la dette.
Partir avant l’exécution matérielle n’efface pas les sommes dues, mais peut éviter certains coûts et faciliter la restitution des clés.
Dette locative, indemnité d’occupation et inscription dans les dispositifs de prévention
Après la résiliation du bail, le locataire peut devoir une indemnité d’occupation jusqu’à son départ effectif, en plus des arriérés, charges et frais éventuellement mis à sa charge. La dette peut faire l’objet d’un recouvrement. Les organismes sociaux et les services de prévention des expulsions peuvent être informés selon la procédure et la situation du ménage.
Risques sur l’emploi, la scolarité et les démarches administratives
Une expulsion complique la réception du courrier, les demandes d’aides, la scolarité des enfants et certaines démarches professionnelles. Sans adresse stable, renouveler des droits ou ouvrir un dossier de relogement devient plus difficile. Il faut préserver sans attendre pièces d’identité, contrats, justificatifs de ressources, documents médicaux et dossiers scolaires.
Les solutions à activer avant l’expulsion
Négocier un accord de paiement avec le bailleur ou l’agence
Un accord écrit peut prévoir un échéancier réaliste, tenant compte du loyer courant et de la dette. Il n’est utile que s’il est tenable : promettre des versements trop élevés accélère souvent l’échec. Le locataire doit conserver les preuves des paiements et des échanges.
Solliciter les aides et l’accompagnement social adaptés
Il est conseillé de contacter rapidement les services sociaux, la caisse d’allocations familiales si elle est concernée, le fonds de solidarité pour le logement et les structures locales d’accompagnement. Ces interlocuteurs peuvent évaluer les aides, préparer un dossier de relogement ou intervenir dans la médiation.
- Rassembler le bail, les actes reçus et le décompte de dette.
- Établir un budget incluant le loyer courant.
- Signaler immédiatement tout changement de ressources ou de situation familiale.
- Conserver une copie de chaque demande d’aide et de chaque réponse.
Demander des délais au juge et contester une procédure irrégulière
Le locataire peut demander des délais de paiement ou de départ, notamment si un relogement est en cours ou si sa situation justifie un report. Une irrégularité dans les actes ou la procédure peut aussi être discutée.
Une contestation doit être engagée dans les délais applicables : l’avis d’un professionnel est souvent nécessaire.
Les démarches urgentes lorsqu’une expulsion est imminente
Vérifier les actes reçus et respecter les délais de recours
Il faut relire le jugement, le commandement de quitter les lieux et les éventuelles convocations. Les dates de signification, les sommes réclamées et les voies de recours doivent être contrôlées. Un document non compris ne doit jamais être écarté : il peut contenir un délai très court.
Contacter rapidement un avocat, un travailleur social ou l’ADIL
Un avocat, l’ADIL ou un travailleur social peut vérifier l’état réel de la procédure et orienter vers les aides adaptées. Cette démarche est particulièrement importante lorsque des enfants, une maladie, un handicap ou une perte récente de revenus aggravent la situation.
Préparer une solution de relogement et protéger ses documents essentiels
En parallèle des recours, il faut prévoir une solution d’hébergement, avertir les organismes indispensables et mettre les documents essentiels en sécurité.
Agir avant le passage du commissaire de justice offre davantage de marges de manœuvre pour organiser le départ, récupérer ses biens et limiter les conséquences financières.
Agir avant l’exécution de l’expulsion
La reprise des expulsions rend concrète une décision qui pouvait être suspendue pendant la trêve hivernale. Le locataire risque alors la perte du logement, l’aggravation de sa dette et des difficultés immédiates pour préserver ses biens, son adresse et ses démarches essentielles. Toutefois, une expulsion ne peut intervenir sans procédure ni intervention d’un commissaire de justice.
Chaque acte reçu doit être vérifié sans délai, car il peut encore permettre de demander un échéancier, des délais de départ ou un accompagnement adapté. Face à des impayés ou à un commandement de quitter les lieux,
la réactivité est déterminante : contacter les services sociaux, l’ADIL ou un avocat aide à évaluer les recours possibles et à organiser une solution de relogement avant l’exécution.