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Départ d’un colocataire : faut-il refaire l’état des lieux ?

Article publié le vendredi 25 septembre 2026 dans la catégorie immo.
Départ d’un colocataire : refaire l’état des lieux est-il obligatoire ?

Le départ d’un colocataire soulève souvent une question pratique : faut-il établir un nouvel état des lieux alors que les autres occupants restent dans le logement ? Dans une colocation avec bail unique, le contrat se poursuit en principe et l’état des lieux d’entrée initial demeure la référence. Un constat intermédiaire peut néanmoins protéger le partant comme les colocataires restants. La bonne démarche dépend du type de bail, de l’arrivée d’un remplaçant et de la manière dont sont répartis dépôt de garantie et éventuelles dégradations.

Le départ d’un seul colocataire ne met pas fin au bail collectif

Bail unique et solidarité entre colocataires

Lorsque tous les occupants ont signé un bail unique, le départ de l’un d’eux ne met pas fin à la location. Le bail continue avec les colocataires restants, sous réserve qu’ils puissent assumer le loyer et les charges. Le locataire qui souhaite partir doit adresser son congé au bailleur selon les formes et délais applicables au logement. La présence d’une clause de solidarité change la portée financière du départ. Dans les locations relevant de la loi du 6 juillet 1989, la solidarité du colocataire sortant et de sa caution éventuelle cesse au plus tard six mois après la prise d’effet de son congé, sauf si un nouveau colocataire figure auparavant sur le bail. Cette règle ne dispense pas de régler les sommes déjà dues.

Conséquences du remplacement ou de l’absence de remplaçant

Si aucun remplaçant n’est trouvé, les occupants restants demeurent redevables de la totalité du loyer prévu au contrat. Le bailleur ne peut pas imposer un nouveau locataire, mais il doit accepter ou refuser un candidat dans le respect des règles habituelles de location. L’arrivée d’un remplaçant ne crée pas automatiquement un nouveau bail. Elle passe généralement par un avenant signé par le bailleur et les personnes concernées. Cet écrit précise notamment la date d’entrée du nouveau colocataire, son identité et, si besoin, l’adaptation de la clause de solidarité.

Situation État des lieux avec le bailleur Document utile
Un colocataire part, les autres restent En principe non obligatoire Constat intermédiaire entre colocataires
Un remplaçant arrive par avenant Pas systématique Avenant et relevé de l’état du logement
Tous les colocataires quittent le logement Obligatoire à la fin du bail État des lieux de sortie contradictoire
Nouveau bail signé pour le logement Nécessaire État des lieux de sortie puis d’entrée

L’état des lieux de sortie intermédiaire n’est généralement pas obligatoire

La règle applicable lorsque le bail se poursuit avec les colocataires restants

L’état des lieux de sortie officiel est établi entre le bailleur et le ou les locataires lorsque le bail prend fin et que les clés sont rendues. Si le contrat collectif continue, le bailleur n’a pas l’obligation de faire un état des lieux au départ d’un seul occupant. L’état des lieux d’entrée initial conserve donc toute sa valeur jusqu’au départ du dernier colocataire ou jusqu’à la résiliation du bail. Cette absence d’obligation explique une difficulté fréquente : lors de l’état des lieux final, le bailleur peut relever une dégradation sans pouvoir déterminer quel occupant l’a causée. Les locataires encore titulaires du bail devront alors, selon les circonstances, répondre des réparations locatives justifiées.

Les situations où un constat écrit devient particulièrement utile

Un état des lieux intermédiaire, même sans valeur d’état des lieux officiel vis-à-vis du bailleur, permet de fixer un accord entre les occupants. Il est particulièrement pertinent lorsque le logement comporte des équipements communs fragiles, que des désaccords existent ou qu’un remplaçant entre rapidement dans les lieux. Il est aussi conseillé si le colocataire partant a financé ou installé certains biens : lave-linge, meubles, étagères, électroménager ou éléments décoratifs. Le document doit alors distinguer clairement les équipements appartenant au bailleur de ceux qui appartiennent à un occupant. Un objet personnel ne doit pas être retiré s’il fait partie des équipements mentionnés au bail ou fournis à l’entrée.

Organiser un état des lieux intermédiaire pour sécuriser le départ

Comparer l’état du logement avec l’état des lieux d’entrée initial

Le plus simple consiste à réunir le colocataire sortant et au moins un occupant restant dans les jours précédant son départ. Ils reprennent l’état des lieux d’entrée, pièce par pièce, et prennent des photos datées des éléments sensibles : murs, sols, cuisine, salle de bains, fenêtres, meubles et appareils fournis. Le constat doit rester factuel. Une trace de poussière, une ampoule à remplacer ou une légère usure liée à un usage normal ne se traite pas comme une détérioration. À l’inverse, un trou important, un meuble cassé ou un appareil endommagé mérite une mention précise et, si possible, une estimation ou un accord sur la prise en charge.

Identifier les dégradations, l’usure normale et les équipements personnels

La distinction entre usure et dégradation est essentielle. La vétusté ne peut pas être facturée comme une réparation locative : elle résulte du temps et d’un usage normal. Les dégradations imputables à un occupant peuvent en revanche donner lieu à remboursement ou retenue, à condition d’être justifiées lorsque le bail prendra fin. Le relevé intermédiaire peut utilement inclure :

  • la date du départ et l’identité des signataires ;
  • l’état des pièces et des équipements communs ;
  • les relevés des compteurs d’eau, de gaz ou d’électricité si les contrats sont partagés ;
  • la liste des clés, badges et télécommandes remis ;
  • les défauts constatés, les photos associées et la personne qui accepte de les prendre en charge ;
  • les biens personnels retirés ou laissés dans le logement.

Faire signer un document daté par le colocataire sortant et les occupants concernés

Un document daté, signé et conservé par chaque partie limite les contestations ultérieures. Il ne remplace pas l’état des lieux final exigé par le bailleur, mais il peut servir de preuve entre colocataires. Il est préférable que tous les occupants restants le signent, notamment lorsqu’ils devront assumer ensemble le logement après le départ. Si le bailleur accepte de participer à ce constat, sa signature peut renforcer la sécurité de l’accord. Il n’y est toutefois pas tenu. En cas de conflit sérieux, les échanges écrits, photos et justificatifs de réparation seront plus utiles qu’un document imprécis.

Gérer le dépôt de garantie et la répartition des sommes dues

Pourquoi le bailleur ne restitue pas une partie du dépôt au départ d’un colocataire

Dans un bail unique, le dépôt de garantie est lié au contrat et non à chaque personne. Le bailleur le restitue après la fin du bail, une fois les comptes arrêtés et l’état des lieux de sortie réalisé. Le colocataire sortant ne peut donc pas exiger du bailleur le remboursement immédiat de sa quote-part. Il revient généralement au remplaçant ou aux colocataires restants de rembourser cette part au sortant. Cet arrangement privé doit être écrit, surtout si le montant versé au départ n’est pas égal entre tous les occupants.

Remboursement entre colocataires, charges et régularisations à prévoir

Avant de régler la somme, il faut prévoir les dépenses non encore connues : régularisation annuelle de charges, facture d’énergie, taxe liée aux ordures ménagères si elle est récupérable, ou réparation future révélée lors du départ final. Les colocataires peuvent retenir provisoirement une fraction raisonnable, à condition de l’expliquer et de fixer une date de régularisation. Un écrit simple doit indiquer le montant remboursé, les sommes conservées à titre de provision et la répartition convenue. Ne pas confondre remboursement entre colocataires et restitution légale du dépôt de garantie évite de mettre le bailleur à tort au centre du litige.

Éviter les conflits lors du remplacement d’un colocataire

Formaliser le départ, l’arrivée éventuelle d’un nouveau colocataire et l’avenant au bail

Le départ doit être annoncé clairement au bailleur, puis aux autres occupants. Le remplaçant ne devrait ni verser une somme ni emménager sans accord clair sur son statut. L’avenant doit préciser sa date d’effet et éviter toute ambiguïté sur les personnes liées au bail. Les colocataires peuvent aussi établir un accord interne sur la répartition du loyer, des charges, de l’assurance habitation et du dépôt de garantie. Cet accord ne s’impose pas au bailleur, mais il encadre les relations quotidiennes.

Conserver les preuves utiles : photos, relevés de compteurs et échanges écrits

Les conflits naissent souvent plusieurs mois après le départ, au moment de la régularisation ou de l’état des lieux final. Il est donc prudent de conserver le congé, l’avenant, le constat intermédiaire, les photos originales, les relevés de compteurs et les preuves de paiement. Enfin, le colocataire partant doit vérifier qu’il a récupéré ses effets, remis ses clés selon l’accord conclu et résilié ou transféré les contrats qui étaient à son nom. Une sortie documentée protège autant celui qui part que ceux qui restent.

Un départ à formaliser pour protéger chaque colocataire

Lorsqu’un seul colocataire quitte un logement soumis à un bail commun, refaire un état des lieux officiel n’est généralement pas nécessaire : le bail se poursuit et l’état des lieux initial reste la référence. En revanche, un constat intermédiaire daté, accompagné de photos et signé entre occupants, permet de clarifier l’état du logement, les biens personnels et les éventuelles réparations à prévoir. Le point sensible concerne souvent le dépôt de garantie : le bailleur ne le restitue qu’à la fin du bail. Son remboursement au colocataire sortant doit donc être organisé entre les occupants. Pour limiter les litiges, mieux vaut formaliser le congé, l’arrivée d’un remplaçant et toute répartition financière. Un écrit précis et des preuves conservées restent la solution la plus sûre avant de rendre les clés.



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