Actualités

Une expulsion locative est-elle possible pendant l’hiver ?

Article publié le mercredi 12 août 2026 dans la catégorie immo.
Expulsion locative en hiver : ce que dit la trêve hivernale

Chaque hiver, la même question revient chez les locataires en difficulté comme chez les propriétaires confrontés à des impayés : une expulsion locative peut-elle encore avoir lieu pendant la saison froide ? La réponse est nuancée. La trêve hivernale protège largement les occupants, mais elle ne bloque pas toute la procédure et comporte plusieurs exceptions importantes.

La trêve hivernale : un principe de protection temporaire

En France, la trêve hivernale interdit en principe l’exécution matérielle d’une expulsion locative pendant une période définie par la loi. Elle court généralement du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante. Durant ces cinq mois, un locataire ne peut pas être contraint de quitter son logement par la force, même si une décision de justice ordonnant son expulsion a déjà été rendue.

Cette règle vise à éviter que des personnes ou des familles se retrouvent sans toit pendant les mois les plus froids. Elle s’applique principalement aux logements occupés à titre d’habitation. Concrètement, les forces de l’ordre ne peuvent pas intervenir pour procéder à l’expulsion, sauf cas expressément prévus par la loi. Pour mieux comprendre le calendrier applicable, les dates précises de la trêve hivernale et ses exceptions permettent de situer le cadre légal.

Il est toutefois essentiel de retenir que cette protection est temporaire. Elle ne supprime ni la dette locative, ni la décision judiciaire, ni la possibilité pour le propriétaire de reprendre les démarches après la fin de la période protégée.

Une expulsion physique est en principe suspendue pendant l’hiver

Lorsqu’un juge a prononcé l’expulsion d’un locataire, cette décision ne peut pas, en règle générale, être exécutée pendant la trêve hivernale. Cela signifie qu’un huissier de justice, désormais appelé commissaire de justice, ne peut pas faire procéder à l’évacuation du logement avec le concours de la force publique entre le 1er novembre et le 31 mars.

Le locataire reste donc dans les lieux pendant cette période, même si son bail est résilié judiciairement. Le propriétaire, de son côté, doit attendre la fin de la trêve pour demander ou obtenir l’intervention effective des autorités, si toutes les étapes préalables ont été respectées. Cette suspension concerne l’exécution forcée, et non l’ensemble du contentieux locatif.

Il ne faut pas confondre impossibilité d’expulser physiquement et impossibilité d’agir en justice. Le bailleur peut poursuivre une procédure, demander la résiliation du bail, réclamer les loyers impayés ou obtenir un jugement. Simplement, si l’expulsion est ordonnée, elle ne pourra généralement pas être réalisée avant la fin de la période hivernale.

Ce que le propriétaire peut encore faire pendant la trêve

La trêve hivernale n’est pas une période d’impunité pour le locataire. Les loyers et charges restent dus, et les obligations du bail continuent de produire leurs effets tant que l’occupation se poursuit. Un propriétaire peut donc engager ou poursuivre des démarches pour faire constater des impayés de loyer ou une occupation sans droit ni titre.

Plusieurs actes restent possibles pendant l’hiver, même si l’expulsion elle-même est suspendue :

  • envoyer une relance amiable ou mettre en place un échéancier de paiement ;
  • faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice ;
  • saisir le juge pour demander la résiliation du bail ;
  • obtenir une décision d’expulsion, même si son exécution est différée ;
  • demander le paiement des loyers, charges, indemnités d’occupation et frais éventuels.

Ces démarches peuvent être déterminantes, car la procédure d’expulsion est souvent longue. En pratique, attendre la fin de l’hiver pour agir peut retarder fortement le règlement du litige. Pour autant, le bailleur doit respecter strictement les étapes légales : une expulsion réalisée sans décision de justice ou par changement de serrure est une expulsion illégale, passible de sanctions.

Les exceptions : quand une expulsion reste possible en hiver

Si le principe est protecteur, la loi prévoit plusieurs situations dans lesquelles la trêve hivernale ne fait pas obstacle à l’expulsion. Ces exceptions sont encadrées et doivent être appréciées au cas par cas. Elles concernent notamment certaines situations de relogement adapté, d’occupation illicite ou de danger pour les occupants.

Une expulsion peut ainsi être exécutée pendant l’hiver lorsque les personnes concernées bénéficient d’un relogement correspondant à leurs besoins familiaux. L’objectif est alors d’éviter une mise à la rue, tout en permettant la libération du logement. Cette hypothèse reste relativement spécifique et suppose une solution réelle, et non une simple promesse vague.

Autre cas sensible : les squats. Les occupants entrés illégalement dans un logement, notamment par voie de fait, ne bénéficient pas toujours de la même protection qu’un locataire titulaire d’un bail. Selon les circonstances, le juge ou l’autorité administrative peut permettre une évacuation malgré la période hivernale. La qualification de squat doit toutefois être établie avec précision.

La trêve peut également être écartée dans certaines situations de violences conjugales, lorsqu’une décision judiciaire ordonne l’éviction de l’auteur des violences du domicile. Dans ce cas, la protection de la victime prime sur le maintien de l’occupant violent dans les lieux. De même, un immeuble faisant l’objet d’un arrêté de péril ou présentant un risque grave peut justifier une évacuation pour des raisons de sécurité.

Locataire en difficulté : que faire avant que la situation ne s’aggrave ?

Pour un locataire, la trêve hivernale ne doit pas être perçue comme une solution durable. Elle offre un délai, mais ne règle pas le fond du problème. Les impayés continuent de s’accumuler et peuvent entraîner, à terme, une dette importante. Le premier réflexe consiste à dialoguer avec le propriétaire dès les premières difficultés, plutôt que d’attendre une assignation au tribunal.

Un accord amiable peut parfois éviter une procédure longue et coûteuse. Un échéancier réaliste, écrit et respecté peut rassurer le bailleur. Le locataire peut aussi solliciter les aides disponibles : Fonds de solidarité pour le logement, action sociale de la commune, accompagnement par une association spécialisée ou demande de logement social si la situation l’exige.

Il est également recommandé de répondre aux courriers officiels et de se présenter à l’audience si le dossier arrive devant le juge. L’absence du locataire peut conduire à une décision défavorable sans que ses difficultés soient expliquées. À l’inverse, la production de justificatifs, de démarches de régularisation ou de demandes d’aide peut permettre d’obtenir des délais de paiement ou un délai pour quitter les lieux.

Propriétaire bailleur : respecter la procédure reste indispensable

Pour un propriétaire, les impayés de loyer peuvent entraîner de lourdes conséquences financières, notamment en cas de crédit immobilier en cours. Mais la réaction doit rester strictement encadrée. Même lorsque la situation paraît bloquée, il est interdit de couper l’électricité, de retirer les portes, de changer les serrures ou de faire pression sur l’occupant pour le forcer à partir. Ces pratiques peuvent constituer une voie de fait.

La procédure classique commence souvent par une tentative de règlement amiable, puis par un commandement de payer lorsque le bail contient une clause résolutoire. Si la dette n’est pas régularisée dans les délais, le propriétaire peut saisir le juge. Celui-ci apprécie la situation, peut accorder des délais et, le cas échéant, constater la résiliation du bail et ordonner l’expulsion.

Après le jugement, un commandement de quitter les lieux doit en principe être délivré. Si l’occupant ne part pas volontairement, le commissaire de justice peut demander le concours de la force publique. Lorsque la trêve hivernale s’applique, cette intervention est reportée. Le propriétaire peut néanmoins continuer à réclamer une indemnité d’occupation pour la période pendant laquelle le logement reste occupé sans bail valable.

La trêve hivernale concerne aussi les coupures d’énergie

La protection hivernale ne se limite pas aux expulsions locatives. Pendant la même période, les fournisseurs d’énergie ne peuvent pas interrompre la fourniture d’électricité ou de gaz dans une résidence principale pour cause d’impayés. Cette interdiction vise à garantir un minimum de sécurité et de dignité pendant l’hiver. Elle ne signifie pas pour autant que les factures disparaissent : les sommes restent dues.

Dans certains cas, une réduction de puissance électrique peut être appliquée, sauf pour les ménages bénéficiant de protections particulières. Là encore, la logique est celle d’un équilibre entre protection sociale et responsabilité financière. Les ménages concernés ont intérêt à contacter rapidement leur fournisseur, à solliciter un échéancier et à vérifier leur éligibilité au chèque énergie ou à d’autres aides.

Que se passe-t-il à la fin de la trêve hivernale ?

À partir du 1er avril, les expulsions suspendues peuvent reprendre, sous réserve que toutes les conditions légales soient réunies. Cela ne signifie pas qu’une expulsion intervient automatiquement le jour même. Le calendrier dépend notamment de l’état de la procédure, de la disponibilité du commissaire de justice, de la réponse de la préfecture et de l’éventuel concours de la force publique.

Pour les locataires, la fin de la trêve représente donc une échéance à anticiper. Si aucune solution n’a été trouvée, le risque d’expulsion devient concret. Il reste possible de demander des délais au juge, de solliciter un accompagnement social ou d’organiser un relogement. L’important est d’éviter l’inaction, car les marges de manœuvre diminuent lorsque l’exécution forcée devient imminente.

Pour les propriétaires, la reprise des expulsions ne dispense pas de respecter les formalités. L’intervention doit toujours passer par les autorités compétentes. En cas de refus ou de retard du concours de la force publique, le bailleur peut, dans certaines conditions, demander une indemnisation à l’État. Ce recours reste encadré et suppose de démontrer un préjudice lié à l’impossibilité d’exécuter la décision.

À retenir sur les expulsions locatives pendant l’hiver

Une expulsion locative reste donc possible juridiquement pendant l’hiver, mais son exécution matérielle est en principe suspendue par la trêve hivernale. Le juge peut rendre une décision, le bailleur peut poursuivre les démarches, les dettes continuent d’exister, mais le départ forcé du logement est généralement reporté jusqu’à la fin mars.

Les exceptions existent et concernent notamment le relogement adapté, certains squats, les situations de danger ou les violences conjugales. Elles doivent être maniées avec prudence, car chaque dossier dépend de ses faits et de la décision des autorités compétentes. Pour les deux parties, le meilleur réflexe reste l’anticipation : rechercher une solution amiable, mobiliser les aides, respecter la procédure et ne pas attendre la dernière minute. La trêve hivernale protège, mais elle ne met pas fin au litige locatif.



Ce site internet est un annuaire dédié aux agences immobilières
professionnels du marché immobilier
Cette plateforme a pour vocation de faire la promotion des professionnels des biens immobiliers.
immodupeuple
Partage de réalisations - Messagerie - Echanges de liens - Profils authentiques.